régions et terroirs
18/06/2009 > Les tortures à Dijon en 1350

«  Les pieds rejoignirent les épaules et on entendit distinctement un craquement…. »

            Le premier en date ( 1350) des hôtels de ville Dijonnais se tenait «  rue des singes »  cette rue emprunterait aujourd’hui le cours médian de la rue Chabot Charny. On accédait à la prison , soit par le fond de la cours entrée de la Maire, soit par la rue actuelle de l’Ecole de Droit.

            Dans cette prison  on asseyait les condamnés aux «  CEPS », ce ne sont pas des champignons mais simplement deux blocs de bois en chêne qui tenaient les jambes des prisonniers, ajoutons à cela quatre énormes chaînes scellées au mur munies de carcan pour la tête et de manicles ( bracelets de fer ) pour les poignets.

            De temps en temps on libérait le prisonnier de ses chaines pour le torturer.

            N’oublions pas que la torture ou question préalable n’était qu’un procédé d’instruction en effet on ne pouvait pas condamner le prisonnier sans aveux complets sortant de sa bouche même, on évitait ainsi les erreurs judiciaires .

            Pour ce faire ,  on procédait à l’étirement de ses membres ou à la question ordinaire c’est-à-dire avec de l’eau  que l’on forçait à boire. Dans cette dernière épreuve on s’assurait que le prévenu  n’ avait pas mis du savon dans sa bouche ( précaution qui ,parait-il, pouvait atténuer la douleur), manquait plus que cela !.

            Quand le gueux s‘évanouissait on le réveillait gentiment et on le réchauffait devant un grand feu puis on lui  administrait des pilules de savon rouge au cinabre  « ce qui rendait les mouvements aux membres perclus »,  après quoi  on recommençait à lui faire boire de l’eau  ou à l‘étirer,ou les deux à la fois c‘est selon l’humeur .

            Une torture particulière à Dijonau XV ème siècle fut  celle du « Moine du camp » (  rien à voir avec ceux de Citeaux), eux fréquentaient, à cette époque,  les « bordeaulx » je vous en reparlerai plus tard .Explication de cette torture spécifique Dijonnaise; à un anneau unique de forte taille, rivé à une grosse pierre, on liait les pieds et les mains, les chevilles et les poignets du  prisonnier. Il faisait ainsi le gros dos et dans cette position on lui passait autour de la taille une corde reliée à une poulie. On tirait  sur le chanvre, le ventre était alors  soulevé et les membres s’allongeaient . On continuait de tirer on le soulevait encore plus haut et alors les jambes commençaient à s’étirer puis les articulations cédaient .

            La corde étranglait l’abdomen sous les côtes, de ce fait la respiration manquait, si le supplicié persistait dans son silence on le laissait ainsi dans cette position jusqu’à l’aveu. S’il n’avouait  pas on mettait une pierre plus grosse. Dans ces conditions il n’y avait que des coupables déclarés, après quoi on le présentait à la justice supérieure, s’il mourrait pendant la question c’était un « accident » et le corps «  esté enterré de nuit pour cacher le maléfice ».

            La place du Morimont à Dijon, actuellement la place Emile Zola( où se situe actuellement   d’excellents estaminets  )connut bon  nombre de manifestations publiques, à travers de nombreuses époques.

                                   Je vous emmène au XVIII ème siècle.

 Vous êtes richement vêtus de pourpre et d’hermine, une main sur la bourse en daim garnie de pièces d'or, une autre sur le pommeau de la dague , les chausses dans la rigole qui draine du sang de cochon étripé par le boucher d’à coté , vous évitez les fientes de poulets  et  des puanteurs de poissons pas frais viennent chatouiller vos chastes narines. A votre gauche  un  gueux édenté, qui n'a pas vu l'arracheur de dents depuis sa naissance,   pue de la bouche et braille à tue- tête , à votre droite une ribaude bien grasse vous fait de l‘œil , très sale l‘œil (au sens propre).

           Toutes les fenêtres sont remplies de spectateurs ,sur les toits aussi les cheminées sont garnies de grappes humaines ,  certaines chambres « avec vue » sont payées 12 à 15 Louis d’or par les paparazzis de l’époque. .     La sentence du dénommé Damien est lue à cinq heure du matin , on le soumet d’abord à la Question Ordinaire puis à la Question Extraordinaire ( pour cela on lui écrase les pieds avec des brodequins de bois ),une entrée en matière ,  un « amuse pieds » en quelque sorte .

            A trois heures de l’après midi on présente le fameux Damien, sur la place publique devant l’échafaud,  la foule assoiffée de sang, s'esbaudit ,  hurle des insanités ou fait ripaille.

            On déshabille le supplicié et on le fixe sur l ‘échafaud avec deux demi -cercles de fer  bordés  d’écrous  .Le bourreau commence par lui brûler la main droite avec un feu de souffre mais il l’éteint très vite  pour ne pas endommager les nerfs , délicate attention. Puis, muni de grosses tenailles, lentement il lui arrache des morceaux de chairs, Damien pousse des cris horribles , des hurlements de souffrance et tremble convulsivement de tous ses membres.

            Ce ne fut pas le bourreau qui versa dans les plaies ouvertes du plomb fondu et de l’huile bouillante de la poix et de la résine ,mais son assistant., l’odeur de chair brûlée envahit progressivement la place, les rires on disparut, un malaise envahit la foule;

             Damien hurle « oh mon dieu este  pitié de moi !»  et il se repend de ses crimes puis il se met à blasphémer et à jurer. Sur quoi on l’attache avec une grosse corde au bas du dos, cette corde descend de  la cuisse jusqu’au mollet et le bourreau pratique la même chose au bras, au poignet et à l' épaule.La corde très serrée, passe dans des plaies  qui ont été tenaillées avant et de ce fait  lui cause des douleurs  inouïes.

            On amène ensuite quatre chevaux , qui tirèrent tous en  en même temps sur les cordes  . Les pieds rejoignirent les épaules et on entendit distinctement un craquement de tous les membres, ce qui fit crier le monstre d’une manière si horrible que  des femmes s’évanouirent , les hommes furent pris de nausées.

             Mais les membres restent encore attachés au corps , à la  sixième tirade,  on fit intervenir 16 bourreaux munis de bistouris pour taillader les chairs , découper la viande  et  les jointures du pauvre bougre, le sang se mit à jaillir par saccades et des jets puissants d’hémoglobine maquillèrent les bourreaux et la foule alentour .

            Les jambes en moins le  criminel restait toujours conscient. .Une mare chaude, visqueuse et rouge, dégoulinait de l’échafaud Il mourut enfin   lorsqu'on on lui trancha les bras et les présentai à la foule. L'assistance était désormais livide ,   tétanisée d'horreur, silencieuse.Le temps lui même s'est arrêté de respirer gardant encore dans son histoire les hurlements en mémoire.

            Son supplice  dura 1heure et 26 minutes.Ses membres furent jetés avec le tronc sur un bûcher , ils furent réduits en cendre et ces dernières éparpillées au vents.Ainsi en 1757 un pauvre fou égratigne avec un canif un Seigneur ,  il est condamné sans appel .

            En 2009 un tortionnaire viole et tue des enfants on se demande bien ce que l’on va en faire!Autre temps autre mœurs, c’est cela l’évolution sauf que la barbarie a changé de camp.

                                                                                                Guy Pillot.

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